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 Parce que le tourisme, ça craint

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Tsurumi Antherel
Pirate Confirmé
Pirate Confirmé
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Messages : 969
Date d'inscription : 05/08/2011
Age : 24
Localisation : Île de Baterilla

Fiche Personnage
Dorikis: 1200
Pouvoir(s): Hie Hie no mie
Renommée: [Itinérant]

MessageSujet: Parce que le tourisme, ça craint    Ven 13 Sep - 22:08



Paranoïa ♥



- Non, non et non !

Rageur, Francis abattit son poing sur le bureau qui le séparait de son interlocutrice. Cela faisait déjà vingt bonnes minutes qu'il lui intimait de virer presto son petit derrière de sa bibliothèque et pourtant cette gamine s'obstinait à vouloir passer la porte. Il en avait vu beaucoup des pouilleux du même genre, ignorant tout du trésor que représentait un livre désirant simplement se reposer entre les rayons afin d'éviter de dormir dehors, mais lui ne s'y laissait jamais prendre et quel que soit son interlocuteur, le vieillard procédait systématiquement à un interrogatoire rigoureux avant d'ouvrir la caserne d'Ali Baba. Cela expliquait très certainement pourquoi hormis quelques rares privilégiés, personne n'avait jamais eu le loisir de consulter les ouvrages de Baterilla. C'était d'ailleurs ce qui avait poussé l'archiviste à s'intéresser à cette pièce qui siégeait comme un temple interdit au cœur de l'île. Au départ elle faisait une simple promenade, tentant de trouver un bel endroit où déguster son sandwich et surtout quelque part ou dormir et prendre une douche, mais après quelques minutes à peine Tsurumi était tombée sur cette petite bâtisse qui produisait les douces effluves de l'encre du papier, bref des ouvrages sacrés communément appelés livres. Comme il était hors de question de passer simplement à coté, elle y était rentrée et à sa grande surprise l'homme qui en avait la responsabilité semblait vouloir la chasser à tout prix. De fait, celle qui pensait qu'il ne s'agissait que de quelques histoires sans réelles importances avaient rapidement révisé son jugement et en était arrivé à la conclusion que Francis n'était nul autre que le gardien d'une information hautement confidentielle qui lui fallait absolument découvrir. Il n'avait pas l'air bien dangereux, aussi la jeune femme tentait depuis bien 1302 secondes de le convaincre qu'elle était aussi innocente et naïve que son apparence voulait bien le faire croire. L'homme lui, ne s'y trompait pas, c'était une crasseuse ses vêtements maculés de terre et ses airs perdus le prouvaient. Femme ou pas, il la ferait décamper. L'homme s'égosilla encore quelques minutes sur la touriste et fini par contourner son bureau avec la ferme intention de lui coller une raclée dont elle se souviendrait encore longtemps après son départ. Le pas décidé, le regard sombre et la grimace du vieillard finirent par convaincre Tsurumi qu'il ne s'agissait pas simplement d'un vieux grincheux, mais bel et bien d'un employé du gouvernement mondial qui, comme tous ceux de son espèce, n'hésiterait pas à s'en prendre à la candide qu'elle était pour l'empêcher de s'instruire correctement. Prête à faire face, elle n'attendit pas que la main gigantesque de Francis s'écrase sur sa joue pour remonter son genou jusque dans les parties génitales de son agresseur. Contrairement à ce à quoi elle s'attendait, le bibliothécaire n'esquissa pas la moindre mimique de douleur et poursuivi son geste que la pirate entreprit immédiatement d'esquiver.

- Tu croyais quoi morpion ? Il en faut en acier pour faire ce métier !


Complétement ébahie par cette réponse pas vraiment satisfaisante, la combattante ne sortit de ses pensées qu'à l'instant où son adversaire la saisit par le col pour lui donner la fessée qu'elle méritait. Réagissant au quart de tour, telle une ninja à l'affut, elle s'empressa de prendre le bras qui la retenait pour le faire passer lui et son propriétaire par-dessus son épaule. Le vieillard, grand mais vieux, n'avait pas les os aussi solides que son entrejambe et Tsurumi ne put s'empêcher de faire la grimace en entendant le craquement sec marquant la fin de Francis le bibliothécaire. Elle attendit quelques instants pour être certaine qu'il ne l'embêterait plus, puis s'accroupit pour récupérer son portefeuille avant d'enjamber le corps et de passer dans la pièce du fond. Cette dernière plutôt miteuse ne contenait que quatre étagères. L'archiviste se précipita sur celle qui lui semblait la moins poussiéreuse et saisit un livre au hasard avant de retourner s'asseoir devant le bureau du défunt Francis. Au bout de quelques heures, elle dut se rendre à l'évidence : Elle était tombée dans un piège et avait perturbé l'organisation des malfaiteurs en envoyant au firmament leur camarade. Sans prendre le temps de détailler plus calmement, la pirate saisit à la volée et se précipita dehors courant sans interruption jusqu'au centre-ville.

À peine une heure plus tard, le souffle court, les épaules engourdies, le dos courbé sous l'effort, Tsurumi avançait. Suivant d'un pas incertain et douloureux la petite vieille qui trottinait devant elle le sourire aux lèvres et le regard dans le ciel. Celui-ci même au centre duquel trônait un soleil brulant qui projetait ses ardents rayons sur le corps des deux passantes. Et si la plus âgée d'entre elles portait un immense chapeau à coté duquel un parasol se serait sentit mal dimensionné, l'autre en revanche avait pour seules armes un débardeur qui recouvrait partiellement un short dont les bords frottaient ses rotules à chacun de ses pas. Tout en progressant, la jeune femme jetait des coups d'œil suspicieux sur la foule qui l'entourait. Cette dernière, massive et bruyante, ne lui laissait pas la moindre échappatoire et la poussait inexorablement vers l'avant. Elle y était pourtant entrée de son plein gré, jugea qu'un arbre n'était nul part aussi bien caché que dans une forêt, la vue d'une grand-mère chancelant sous le poids de ses achats avait fini de la convaincre et elle s'était lancée. La pirate commençait néanmoins à avoir quelques doutes sur l'identité de celle qui lui ouvrait le chemin. Ce dernier s'enfonçant de plus en plus profondément dans la ville et dans des ruelles de plus en plus fines. Elle allait poser les sacs et retourner sur ses pas quand l'assisté pivota sur ses hanches pour lui offrir un magnifique sourire.


- Tout va bien ? Navrée de t'imposer ça, nous sommes presque arrivés ne t'inquiète pas.

Le visage rayonnant de l'ainée sembla ressourcer en énergie l'archiviste qui avança soudain avec beaucoup plus d'entrain. Elle se méfiait décidément bien trop, cette femme n'était rien d'autre qu'une personne dans le besoin. Les événements eurent tôt fait de la contredire. En Tsurumi n'avait pas encore atteint le fond de l'impasse dans laquelle on la conduisait que son guide faisait une nouvelle fois volte face pour se camper devant elle, tout sourire envolé. Sans même attendre que l'adolescente ouvre la bouche elle retira son chapeau et le lança sur cette dernière qui eut à peine le temps de l'esquiver. La pirate suivit du regard le couvre-chef jusqu'à ce qu'un jeune homme bouchant la seule issue possible le rattrape.

- Bonne pioche mamie ! Celle-là elle a une sacrée prime.

- Je sais, je m'attendais pas à l'embobiner si facilement.

Complétement ahurie la pirate passait de l'un à l'autre la vérité se frayant un chemin lentement mais surement à travers sa tête. Comme d'habitude elle s'était trop fiée aux apparences et maintenant à cause de ça, elle était devenue la proie de deux chasseurs de primes. Bref moins d'une heure plus tard elle laissait derrière elle deux cadavres et courrait pour rejoindre le port.

- Mais quelle journée de merde !


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